La crise de l’immigration en Méditerranée et l’Union européenne

L’immigration récente à travers la Méditerranée a divisé l’Union européenne, les dirigeants des États membres ainsi que ses citoyens. Tous les médias montrent les images de gens dans des radeaux ou d’autres bateaux desservant les navigants à destination de l’Europe. La tragédie la plus meurtrière a eu lieu le 19 avril quand 500 personnes se sont noyées dans la côte de Malte, mais ce n’était pas la première et ce ne sera malheureusement pas la dernière. C’est le sujet qui marque les opinions publiques dans l’Union Européenne et qui attire l’attention des politiciens tentant de trouver une solution de drames.

Quelles sont les causes de cette immigration ?


Sans aucun doute, la pauvreté surtout en Afrique force les gens à abandonner leur domicile à la recherche d’une meilleure vie dans le Vieux Continent. Néanmoins, le récent mouvement social, politique et malheureusement militaire en l’Afrique, soit disant le Printemps Arabe, a eu pour conséquence notable d’accélérer le processus d’immigration. Ce mouvement a été initié par des groupes de personnes souhaitant vivre dans des sociétés plus démocratiques, à l’abri des coups d’Etat frappant plusieurs Etats méditerranéens. Ceux-ci ont généré des conflits militaires en Libye, Afrique centrale et Syrie. En conséquence, personne ne veut vivre dans une région affectée par les confits et c’est pour cette raison que les gens sont forcés, même sous la menace de mort, à l’immigré. Nous, les Européens, comme les sociétés démocratiques avons l’obligation d’aider ces gens. L’Europe devrait aussi contribuer plus à répandre la paix et la démocratie dans le monde entier.

Or comment pouvons-nous aider ces gens ?

Nous pouvons réagir en deux espaces — provisoire et à long terme. En effet, ce n’est pas simplement le problème de l’Italie, de l’Espagne ou de Malte qui est en jeu, mais l’avenir même de l’Union Européenne.

Néanmoins, nous devons premièrement déterminer qui nous voulons aider — les réfugiés, les immigrants économiques ou les deux groupes. C’est probablement l’action la plus difficile, car un tel choix peut déboucher sur des erreurs, principalement administratives. Que devons-nous faire avec les personnes qui n’auraient pas rempli des conditions pour entre sur l’espace européenne ?

Sans aucun doute, l’Union Européenne doit aider les gens besogneux, les préserver contre noyer les gens et « donner » la possibilité d’arriver en Europe en toute sécurité. La Cour Européenne des droits de l’homme a considérablement élargi dans les récentes affaires[1] la possibilité de demander asile. La Cour a aussi rappelé que la convention de Genève de 1951, relative au statut des réfugiés, qui, au paragraphe 1 de son article 33, repris par l’art. 18 et 19 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne, dispose :

« Aucun des Etats contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. »

En vue de répondre à la crise, Jean Claude Juncker a proposé de mettre en place un système imposant des quotas à chaque Etat Membre et qui tiendrait compte de son PIB, de la population et du taux de chômage du pays. L’UE se doit soutenir les pays comme l’Italie ou Malte qui aujourd’hui seuls engagent ces actions envers les immigrants.

Cette idée de décharger les pays qui sont le plus touchés par ces mouvements d’immigration (Italie, Allemagne, Danemark) a pour but de renforcer la solidarité européenne. Les quotas peuvent être un instrument décourageant pour ceux qui abusent de cette situation pour s’implanter en Europe. Or cette proposition a déjà suscité une importante critique au Royaune Uni, en Hongrie, en Pologne et même en France, qui remet en question l’initiative de Juncker.

Ensuite, une autre question apparaît, notamment que faire avec les criminels qui organisent, de manière perverse et brutale, le trafic d’êtres humains depuis le fin fond de la Libye ? Ils peuvent aussi finalement décider de s’implanter en Europe…

Néanmoins, à mon avis, ces actions ont un caractère provisoire et visent à se décharger de la récente crise. Le journal italien  la Stampa dit que la question des flux migratoires de l’Afrique vers l’Europe via la Méditerranée ne peut plus être traitée systématiquement comme une urgence. Ce n’est pas une urgence, c’est un phénomène structurel, engendré par une série de causes évidentes.

L’Europe a besoin d’une politique européenne commune sur l’immigration. L’Union Européenne devrait promouvoir la stabilité de ses frontières. Si l’Europe contrôle la stabilité des pays économiquement et politiquement et s’assure de la préservation des droits de l’Homme dans les différentes régions, on observera très certainement une atténuation du problème de l’immigration dans l’Union Européenne. Peut-être devrons-nous revenir à l’idée de l’Union Méditerranée, proposée par la France en 2010 et abandonnée récemment. C’est un projet qui s’étendra sur plusieurs décennies et dans ce cadre nous pouvons soutenir la création de sociétés démocratiques autour de l’Union Européene.
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[1] Hirsi Jamaa et autres c. Italie (2012) /M.S.S. c. Belgique et Grèce (2011)/ Sharifi et autres c. Italie et Grèce (2014)

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